mercredi, 02 juin 2010

Un mot d'Anne-Laure Bondoux

Vous avez élu le roman "Le Temps des miracles" d'Anne-Laure Bondoux Prix des lycéens de Chartres 2010.

Malheureusement, Anne-laure Bondoux a un agenda très chargé en cette fin d'année scolaire, et ne pourra venir à Chartres vous rencontrer.

A défaut de pouvoir dialoguer avec vous de vive voix, voici une lettre écrite spécialement à votre attention:

 

Chers lectrices et lecteurs du Prix des lycéens,

Quand j’avais votre âge et que je rêvais de devenir écrivain, je m’imaginais recluse dans une chambre de bonne sous les toits d’un immeuble parisien, sans chauffage ni électricité, solitaire et exaltée. J’avais sans doute un peu trop lu les romantiques du XIXème siècle... ! La réalité d’aujourd’hui est toute autre : d’une part, j’écris dans le sous-sol de ma maison de banlieue (chauffée), d’autre part je travaille sur un ordinateur qui nécéssite un branchement EDF, et pour finir, je passe beaucoup de temps loin de mon bureau, à sillonner la France en tous sens pour rencontrer les lecteurs. Cette fonction inattendue de mon métier génère beaucoup de plaisir, pas mal de fatigue, mais surtout des carambolages compliqués de dates dans mon agenda. Je regrette parfois de ne pas avoir une formation de secrétariat, je vous assure ! Bref, tout ça pour vous dire que j’aurais vraiment aimé venir à Chartres pour discuter de vive-voix avec vous, mais que cette fin d’année scolaire ne m’en offre pas la possibilité. Je vous présente pour cela toutes mes excuses.
Je vous écris cette lettre pour vous remercier d’avoir lu et aimé « Le Temps des miracles », auquel vous avez décerné votre prix littéraire. Ce livre est mon huitième roman, et je l’ai écrit en neuf mois, portée par la voix de Blaise alias Koumaïl. Aujourd’hui, je n’ai pas encore entamé l’écriture de mon roman suivant, car je sens qu’il n’est pas encore « mûr ». Il me manque l’essentiel : la musique d’une voix. Sans cette voix, le roman n’est qu’une suite de mots et de phrases désincarnés. Dès que j’aurais trouvé la voix, je sais que je pourrai partir à l’aventure, me laisser emporter, bousculer, surprendre.
Durant l’écriture du « temps des miracles », j’écoutais Blaise-Koumaïl me souffler son histoire. Je n’avais plus qu’à le suivre. Ça paraît un peu fumeux, mais je vous jure que c’est vrai : les personnages, quand ils sont bien là, dictent le roman à l’écrivain. C’est un vrai bonheur de se laisser aller, de se laisser guider. Pour moi, l’effort se situe en amont. Il faut être très patient, et très vigilant. Il faut se rendre disponible aux choses, aux personnages, aux émotions, saisir les idées quand elles passent, les trier, les étoffer, les faire grandir : tout cela constitue un travail de préparation intense avant d’écrire. Il s’agit de préparer le terrain, comme en jardinage, avant de faire les plantations.
Quand le jardin du roman est prêt, on peut partir l’explorer. Celui du « temps des miracles » était russe, mais il avait été préparé par un poète suisse que j’aime énormément, Blaise Cendrars. Cet homme était un bourlingueur, un aventurier, et il écrivait des poèmes longs comme le Transsibérien, ou très courts comme celui-ci, qui me correspond bien (le voici en bonus) :

« Je voudrais arriver
Je voudrais arriver à faire
Je voudrais arriver à faire ce que j’ai à faire
Je voudrais arriver à écrire
Je voudrais arriver à écrire ce que je dois écrire
Mon coeur et tout ce qui me déborde
Et on n’a jamais le temps etc. »

C’est à Blaise Cendrars que j’ai chipé le prénom de mon petit clandestin, le train qui déraille, le Matachine et son barman, les cinq frères de Gloria Bohème (ils sont 7 oncles dans son poème), le mal du pays, la douleur de l’exil, le goût du voyage, et bien des choses encore... Car oui, je l’avoue sans rougir, je suis une voleuse. N’étant ni une exploratrice-bourlingueuse, ni une érudite, ni même une personne sage et expérimentée, je pioche sans retenue dans ce matériau inépuisable que sont les livres, les films, les tableaux, les musiques ou les photos des autres et je le recycle à ma façon. Ainsi, si vous avez aimé « le temps des miracles », vous aimerez peut-être les poèmes de Cendrars, ou les films de Mikhalkov, de Kusturica... L’émotion, la beauté, et les histoires humaines sont des flambeaux que l’on se passe de main en main, de livre en livre, et sans nous connaître, nous pouvons partager des choses essentielles.
Je vous invite, comme ne cesse de le dire Gloria à son petit Koumaïl, à conserver et entretenir en vous l’étincelle qui met le feu à la vie : l’espoir, l’envie de découvrir, d’aller vers les autres, et vers de nouveaux horizons. Je n’ai pas traversé d’épreuves aussi dures que celles de mon roman, mais j’écoute et j’observe autour de moi. Faites de même : vous trouverez toujours des exemples de personnes, réelles ou fictives, qui luttent pour que le désespoir ne nous grignote pas l’âme jusqu’à l’os.

En cette fin d’année, si vous passez des examens, je vous souhaite bon courage et bonne chance ! Je vais pour ma part bientôt cultiver le jardin de mon prochain roman, et si quelques uns d’entre vous en ont envie, rendez-vous (fin 2011..) pour de nouvelles aventures !

Merci encore pour vos lectures,
Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez.

Anne-Laure Bondoux

vendredi, 14 mai 2010

Le Prix des lycéens de Chartres 2010 est...

"Le Temps des miracles"!

Les lycéens ont élu le roman d'Anne-laure Bondoux mercredi 12 mai matin au centre culturel Edmond Desouches à Lucé, devant "Mon père est femme de ménage", de Saphia Azzeddine, "La Trahison de Thomas Spencer" de Philippe Besson, "La Légende de nos pères" de Sorj Chalandon et "Bonheur fantôme ", d'Anne Percin.

Avant de voter, les élèves des 7 lycées de l'agglomération sont venus sur scène défendre les titres qui les ont le plus marqués : bravo à tous pour vos interventions originales!

Une rencontre avec l'auteur est prévue très prochainement, patience...

jeudi, 03 décembre 2009

Mon père est femme de ménage / Saphia Azzeddine

père femme de méngae.gifPaul, 14 ans, a une famille impossible, des amours inexistantes, sa cité est lugubre, son avenir douteux, mais il a découvert une arme pour s'en sortir : les mots, et il commence à se demander si la fatalité ne peut pas être vaincue, parfois.

Le temps des miracles / Anne-Laure Bondoux

temps des miracles.gifBlaise Fortune, 12 ans, a toujours vécu dans le Caucase, après que Jeanne, sa mère, l'eut confié à Gloria Bohème. Celle-ci lui a toujours promis qu'il retrouverait sa mère en France et qu'il connaîtrait des jours plus heureux. Aussi, lorsque, à la suite de toutes sortes d'épreuves, il se retrouve à la frontière française, au fond d'un camion, seul, sans Gloria, sa douleur est indicible...

La trahison de Thomas Spencer / Philippe Besson

trahison thomas spencer.jpgMississippi, années 1950. Paul et Thomas vivent une enfance heureuse. Pendant longtemps, ils imaginent leur amitié inaltérable. Mais l'Amérique des années 1960, la guerre de Corée, le Vietnam, l'assassinat de Kennedy et la lutte contre la ségrégation des Noirs américains vont les séparer.

La légende de nos pères / Sorj Chalandon

La Legende de nos peres_Chalandon.jpgAprès avoir été journaliste à La Voix du Nord, Marcel Frémeaux est devenu biographe familial. Un matin, Lupuline Beuzaboc se présente à lui. Elle veut que Marcel retranscrive la vie de son père, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale. Marcel s'attache d'autant plus à cet homme que son père était lui-même résistant.

Bonheur fantôme / Anne Percin

bonheur fantôme.jpg

A 28 ans, Pierre a quitté Paris pour s'installer dans la Sarthe. Il vit de quelques brocantes, travaille une biographie de Rosa Bonheur, une peintre spécialiste des vaches du XIXe siècle. Un temps mannequin, ancien étudiant en philosophie et homosexuel, il se demande pourquoi il s'est mis ainsi en retrait du monde et commence une enquête intérieure.

mardi, 17 novembre 2009

La sélection 2010

La 12ème édition du Prix des lycéens est ouverte!


Voici les cinq titres en compétition:

Bonheur fantôme, d'Anne Percin, (éditions du Rouergue)

La légende de nos pères, de Sorj Chalandon, (éditions Grasset)

La trahison de Thomas Spencer, de Philippe Besson (éditions Julliard)

Le temps des miracles, d'Anne-Laure Bondoux (éditions Bayard)

Mon père est femme de ménage, de Saphia Azzeddine (éditions Léo Scheer)

 

dimanche, 30 novembre 2008

Conditions d'utilisation de ce blog

Élèves de l'agglomération,

Salutations !

 

Merci de vos futures participations

qui enrichiront critiques et animations.

 

Afin toutefois de faciliter la lecture de vos commentaires,

écrivez dans la langue de Molière,

en omettant fautes et abréviations,

et en inscrivant votre prête-nom

sans quoi votre prose passerait de travers...

 

Nous vous souhaitons peu de revers

pour cette chartraine et livresque opération.

 

Si les auteurs ne manquent pas d'imagination,

passez-vous aussi à l'action,

et à cette occasion,

faites preuve d'application,

partagez vos appréciations.

 

Re-salutations, le comité de sélection,

et pour ce blog, la modération.

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